Le projet Chagall, au cœur des débats locaux depuis plus d’une décennie, continue de
susciter des interrogations. Retour sur les faits et certaines déclarations.

Un projet lancé il y a plus de 15 ans

En 2009 et 2010, la municipalité Lebigre engage par la signature de conventions, la réalisation d’un vaste programme immobilier. Les acquisitions de terrains se succèdent alors, à la demande du maire, portées par l’établissement public foncier EPF.

Les documents officiels, signés par Régis Lebigre, font état de surfaces de 20 090 m² de logements et 2870 m² de commerces soit 22 960 m² de SHON globale, plus 880 m² de parking sous dalle.  Il modifie également le Plan Local d’Urbanisme en 2013 pour permettre la concrétisation du projet.

Réduit par la municipalité suivante en 2014

Elue en 2014, nouvelle municipalité. Adjointe à l’urbanisme Anne Sattonnet stoppe les achats de terrains (ancien bâtiment du Secours Populaire et les villas derrière) et sort du périmètre du projet, le bar de l’étoile, aujourd’hui détruit, où un jardin va se faire. 

L’ampleur du programme est alors réduite à 13 800 m2, correspondant aux terrains déjà acquis. Ainsi, le programme est réduit de 40%, mais les droits à construire, les acquisitions de terrains faites et les engagements déjà pris par Régis Lebigre obligent la municipalité Lelan à délivrer le permis de la tranche 1. Réélu en 2020, Régis Lebigre modifiera le permis de Catherine Lelan pour accorder le projet que vous voyez aujourd’hui.

Décrypter les publications du maire sortant

Les affirmations trompeuses ayant proliféré non seulement sur les réseaux sociaux mais aussi jusque dans les comptes-rendus du conseil municipal, il est nécessaire de préciser plusieurs points.

1) Ce serait un héritage de ses prédécesseurs

Le maire sortant tente d’expliquer qu’un « secteur plan masse » existait au POS de 1998. Cet outil, qui date en vérité du POS de 1992, sert à dessiner une forme urbaine et un alignement. 

Ce n’est en aucun cas un programme d’aménagement à traduire en m2.  Il a d’ailleurs élaboré en 2013 le PLU pour la réalisation du programme Chagall et de 20 autres secteurs de mixité sociale sur la commune, créant ainsi les droits à bâtir de nombreux immeubles.

2) Chagall Tranche 2 : permis en 2023, revirement en 2025 

Régis Lebigre a délivré en 2023 le permis de construire à Eiffage pour la deuxième tranche du projet. 

Face à la contestation populaire, il a écrit en 2025 à l’EPF pour reporter ce projet après les élections de 2026.

Problème, la convention de rachat avec l’EPF, déjà plusieurs fois reportée, prévoit que si les constructions ne sont pas réalisées, la ville doit racheter les terrains au plus tard fin 2025.  Malgré plusieurs tentatives et courriers, le maire a reçu cet été une fin de non-recevoir : l’EPF le somme de racheter les terrains, à savoir 3,9 M d’€ avant la fin 2025 comme le prévoit la convention.  Alors, lors de la Ste Elisabeth, il annonce avoir « fait le choix de racheter les terrains et de ne pas bâtir » et avoir « gagné contre les bétonneurs » ! 

3) Des conséquences financières et un avenir incertain

Le manque de vision et les changements de pied du maire sortant imposent aujourd’hui à la ville le rachat des terrains, mais aussi très probablement le versement d’indemnités à Eiffage qui a investi plus d’1 M d’€ dans les études et permis de construire de la tranche 2.

4) Qu’a-t-il en tête pour ce terrain ? 

Lors du dernier conseil municipal du 4 décembre 2026 le maire a indiqué :

  • Ne pas avoir à inscrire au budget 2026 le remboursement des terrains à l’EPF du fait d’un
    recours d’Eiffage contre sa décision. Faux, l’EPF par courrier en décembre l’a sommé de
    payer. 
  • Ne pas augmenter la dette s’il les rachète car il ferait un crédit In Fine : Faux, même si ce
    type de prêt prévoit de rembourser le capital en une seule fois à la fin, il s’agit bien d’une
    dette qui pèse sur la commune, comme tout autre emprunt.
  • Enfin, un crédit in fine, remboursable seulement au moment de la vente au promoteur de
    l’opération… Il a donc l’intention de poursuivre l’opération ?

Conclusion

Le projet Chagall voulu et engagé par le maire sortant illustre la complexité des opérations d’aménagement urbain, où le manque de vision et des décisions mal réfléchies ont des conséquences majeures sur le cadre de vie et les finances publiques.

La révision du PLU métropolitain en cours, qui aboutira en 2026-2027 sera un enjeu majeur pour le futur de Vence. La vision et la capacité en urbanisme du futur Maire de Vence sont donc essentiels.  
 
Ci-joints les extraits des documents officiels : délibération du conseil municipal du 8 juillet 2009, convention secteur Chagall signée le 9 avril 2010.

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